Le Pacs, créé en 1999 et réformé en 2006, offre un cadre légal souple entre mariage et concubinage, avec possibilité de passer par notaire et choix du régime patrimonial (séparation de biens ou indivision).
Lire l'articleAnticipation successorale au sein du couple : comment protéger efficacement son conjoint ou son partenaire ?
La question de la protection du conjoint ou du partenaire survivant est aujourd’hui au cœur des préoccupations patrimoniales des couples. Mariés, pacsés ou concubins, nombreux sont ceux qui souhaitent organiser à l’avance la transmission de leur patrimoine afin de préserver le niveau de vie du survivant et d’éviter les difficultés familiales lors du règlement de la succession.
Si le droit français offre de nombreux outils pour atteindre cet objectif, leur efficacité dépend largement de la situation familiale, de la composition du patrimoine et de la présence éventuelle d’enfants issus d’une précédente union.
Pourquoi anticiper sa succession lorsqu’on est en couple ?
Contrairement à une idée reçue, les règles légales de succession ne répondent pas toujours aux attentes des couples.
Certes, le conjoint marié bénéficie d’une protection importante grâce aux droits que lui accorde la loi. Toutefois, cette protection peut s’avérer insuffisante dans certaines situations patrimoniales ou familiales. Quant aux partenaires de PACS et aux concubins, leur situation est encore plus fragile : ils ne bénéficient pas des mêmes droits successoraux que les époux et doivent impérativement anticiper pour assurer leur protection.
L’anticipation successorale permet ainsi d’adapter la transmission du patrimoine aux besoins réels du couple et de renforcer la sécurité du survivant.
Testament et donation entre époux : les principaux outils successoraux
Le testament constitue l’un des moyens les plus simples et les plus souples pour organiser sa succession. Il permet de transmettre un bien déterminé, une fraction du patrimoine ou encore l’usufruit de certains biens au profit du conjoint, du partenaire ou du concubin survivant.
Pour les couples mariés, la donation entre époux, souvent appelée « donation au dernier vivant », offre des possibilités encore plus étendues. Elle permet notamment d’augmenter les droits du conjoint survivant au-delà de ceux prévus par la loi et d’adapter la transmission aux besoins du moment.
Ces mécanismes présentent un avantage majeur : ils peuvent être conçus sur mesure. Le survivant peut parfois bénéficier d’une certaine souplesse lors du règlement de la succession, notamment en choisissant de ne recueillir qu’une partie des biens qui lui sont attribués.
La clause de préciput : une alternative plus souple
De nombreux praticiens privilégient aujourd’hui des solutions plus nuancées, parmi lesquelles figure la clause de préciput.
Cette clause permet au conjoint survivant de prélever certains biens avant le partage de la succession : résidence principale, résidence secondaire, entreprise familiale ou encore liquidités.
Son principal intérêt réside dans sa flexibilité. Le conjoint peut choisir de l’exercer ou non selon sa situation au moment du décès. Cette souplesse permet souvent de mieux concilier la protection du survivant et les intérêts des héritiers.


PACS et concubinage : une protection à construire
Pour les couples non mariés, l’anticipation est encore plus essentielle.
Le partenaire pacsé n’est pas héritier légal. Sans testament ou disposition particulière, il ne reçoit donc aucun droit dans la succession de son partenaire. Certaines conventions d’indivision ou modalités d’acquisition immobilière peuvent néanmoins être mises en place pour favoriser son maintien dans le logement ou renforcer sa protection patrimoniale.
La situation du concubin est plus délicate encore. En l’absence de mariage ou de PACS, aucun droit successoral automatique n’existe. Le recours au testament, à l’assurance-vie, à l’acquisition en indivision ou à une société civile immobilière (SCI) constitue alors un moyen privilégié d’organiser la protection du survivant.
Les limites à anticiper : réserve héréditaire et familles recomposées
La liberté d’organiser sa succession n’est toutefois pas absolue.
Les enfants bénéficient d’une protection légale appelée réserve héréditaire. Une partie du patrimoine leur est obligatoirement réservée, limitant ainsi les possibilités de transmission au conjoint ou au partenaire.
Lorsque les avantages accordés au survivant dépassent les limites autorisées par la loi, les enfants peuvent engager une action en réduction afin de rétablir leurs droits.
La vigilance doit être encore plus grande en présence d’enfants issus d’une précédente union. Dans les familles recomposées, certains avantages matrimoniaux peuvent faire l’objet d’une action spécifique, appelée action en retranchement, destinée à protéger les droits des enfants non communs.
Anticiper avec une stratégie patrimoniale adaptée
L’anticipation successorale ne se résume pas au choix d’un testament ou d’une donation. Elle suppose une réflexion globale prenant en compte la situation familiale, l’âge des membres du couple, la composition du patrimoine et les objectifs recherchés.
Chaque famille présente des enjeux spécifiques. Une solution parfaitement adaptée à un couple marié avec enfants communs pourra se révéler inappropriée dans une famille recomposée ou pour des partenaires pacsés.
C’est pourquoi l’accompagnement d’un notaire demeure essentiel. Son rôle consiste à identifier les outils les plus pertinents et à construire une stratégie équilibrée permettant de protéger efficacement le survivant tout en sécurisant les droits des héritiers.
Source : La Semaine Juridique Notariale et Immobilière JCP N 27 mars 2026, n° 13, Dossier 1052
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